Parlez moi d’amour

  • Collecte des paroles - ©Théâtre de Chelles
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Depuis le début de la saison, Luc Cerutti et Sarah Leck collectent des paroles, des témoignages d’amour. Des enfants aux retraités, les personnes interrogées se sont confiées à nos comédiens-reporters. Cette enquête mènera à une restitution le vendredi 13 avril, avant la représentation d’Ivanov.

En quelques mots, pouvez-vous nous parler de la collecte de paroles ? Quel est son principe ? Comment ça se déroule ?

Sarah > Le principe est très simple, on me donne des rendez-vous dans différents lieux de la ville de Chelles pour parler d’amour avec les gens. Je viens avec mon IPhone et j’enregistre les discussions. Je laisse les gens parler le plus possible et je les relance quand il y a besoin, pour remettre de l’eau au moulin. La machine est difficile à̀ mettre en route mais quand elle est lancée j’essaie de ne pas l’arrêter.
Je demande aux gens de me parler d’amour, au sens large du terme. La langue française à cette particularité́ de n’avoir qu’un seul mot pour parler de ce que l’on aime. J’aime Sophie et j’aime les pizzas, c’est le même mot. Pourtant on peut espérer que cela ne procure pas les mêmes émotions. Je commençais donc par « parlez-moi de ce que vous aimez » et, logiquement, une fois la confiance installée, on commence à̀ me parler de sentiments et de choses plus intimes.

Luc > Le but de cette collecte de paroles d’amour n’est pas de faire un micro-trottoir, c’est de véritablement rencontrer des gens, de discuter, de relier les témoignages à la création artistique, de les mettre en regard avec le spectacle vivant.

 

Comment en êtes-vous venu à travailler là-dessus ? Qu’est-ce qui vous a plu dans ce projet ?

Sarah > C’est le théâtre de Chelles qui a proposé à la compagnie Zone Franche d’aller à la rencontre des Chellois pour parler d’amour. Cette idée m’a tout de suite plu. J’aime énormément écouter la radio et j’ai retrouvé́ dans ces rencontres le plaisir d’écouter les gens parler.

Luc > Oui l’idée vient du théâtre mais la compagnie en a précisé le propos, elle a répondu aux attentes. Ce qui m’a plu dans ce projet c’est d’inclure les gens dans le processus artistique.

 

Qui avez-vous rencontré ?

Luc > C’est Sarah qui a vraiment mené cette collecte, je n’ai pas assisté à toutes les séances.

Sarah > J’ai rencontré cinq groupes bien différents : des enfants pendant leur cours de Skateboard, des adultes allophones qui apprennent le français, une classe de CM2, un groupe d’adultes handicapés et des familles pour une après-midi gaufres dans un centre socio-culturel.

 

Vous avez rencontré des groupes de personnes très différents, y a-t-il des points communs dans leurs témoignages, des réponses récurrentes ?

Sarah > La difficulté à parler d’amour est un point commun entre tous les publics rencontrés. Après, nous avons tous un imaginaire collectif commun autour de ces questions et j’ai évidemment eu des similitudes dans les témoignages.

 

Les personnes ne sont pas gênées de parler d’amour avec des inconnus et, aussi, d’en parler devant les autres personnes du groupe ?

Sarah > Étrangement, la gêne s’estompe assez vite. J’ai parfois été très surprise de la confiance que l’on m’accordait. Certaines histoires m’ont beaucoup touchées, d’autres m’ont fait sourire. On écoute toujours ce genre de témoignages à travers le prisme de sa propre histoire et je trouve assez rassurant que les doutes et les angoisses soient les mêmes pour tout le monde.

Luc > C’est vrai qu’il y a de la gêne au début mais notre but est de les amener à parler d’amour, il faut les mettre en confiance. Une fois qu’ils comprennent notre démarche, ils sont plus à l’aise, on leur dit qu’on a besoin d’eux pour créer.

 

Avez-vous été surpris ou amusé par ces témoignages ?

Sarah > Comme je le disais juste avant, oui, parfois. Certaines personnes d’origine étrangère m’ont raconté leur amour pour leur pays natal. Je ne m’attendais pas à autant d’émotions !

Luc > J’ai été assez surpris lorsqu’on discutait avec les jeunes du Skatepark de Chelles, ils utilisaient le même langage que celui qu’on utilise pour une relation amoureuse pour parler du skate.

 

Qu’allez-vous en faire ?

Sarah > J’ai retranscrit à l’écrit l’intégralité des propos recueillis, puis j’ai fait un montage pour garder la diversité, l’humour et la sincérité de ces histoires de vie dont je ferai une restitution au théâtre.

 

 

 

Retrouvez la restitution de ce travail le vendredi 13 avril, avant la représentation d’Ivanov.